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Samedi 21 juin 2008

 



A quoi donc pensez-vous en regardant cette photo ? Comment l'interprèteriez-vous ? Juste pour faire travailler votre imagination et votre ressenti.

Mon ressenti ? Elle me fout la pétoche ! Ce patient allongé là avec l'infirmière à côté avec sa seringue, je trouve ça flippant. Flippant parce qu'il n'y a pas de texte. Donc on peut y mettre ce que l'on veut. Je me mets à la place du patient, en imaginant qu'il ne sait pas du tout ce qu'elle va lui injecter. Il n'y a aucun contact entre eux et l'IDE paraît très froide, impersonnelle.

Tout ça, ben pour dire, qu'il est important de parler au patient; de lui expliquer ce qu'on va lui faire; de ne pas le prendre par surprise, même s'il est par exemple Alzheimer et qu'on pense (souvent à tort) que de toute façon il ne comprendra rien de ce qu'on lui dira.

C'est vrai que parfois, je sens l'impatience monter quand un patient me pose tout un tas de question alors que j'ai un soin à réaliser, soin dont je lui ai annoncé la couleur sans lui expliquer pourquoi et que mon bip me vrille les oreilles, me rappelant que j'ai quelques 30 autres patients à ma charge pour la nuit, que "mon" inf. fait ses médocs* et que donc je n'ai pas le temps, malheureusement, désolée, merci de votre compréhension, de m'attarder. Mais j'essaie le plus souvent de me dire ben si, tu vas prendre le temps, cocotte, car ce patient là compte aussi, comme les autres et que tu ne peux tout simplement pas le planter là. Sauf bien sûr, s'il y a urgence avérée ou supposée dans une autre chambre, là je prends rendez-vous pour un peu plus tard dans la nuit et je file. En général, ils comprennent. (Je vous parlerai un jour des patients qui pensent être les seuls ;-))

Je sais que ce n'est pas pour m'embêter que ces questions sont posées (manquerait plus que ça !). C'est souvent par angoisse et c'est tout à fait légitime. Alors plutôt que de pester dans la barbe que je n'ai pas, si j'ai le temps, j'inspire, j'expire et je réponds. Je pourrais toujours prendre le temps plus tard de revenir sur la question, ben vi, faut j'aille répondre aux 5 autres sonnettes avant qu'il y ait une mutinerie et que mon inf. me croit endormie quelque part.

Nous encore, en tant qu'AS, ça va, on n'a pas trop de soins "flippants" pour les patients. Mais les IDE....

Anecdote :

IDE : " Bonsoir Mr X. Je viens pour la piqûre"

Mr X : "Quelle piqûre ?"

IDE : "Le Bidulechouette (nom du produit)

Mr X: "Hein ? Qu'est-ce que c'est "

IDE: "L'anticoagulant pour éviter la phlébite"

Mr X: "Pardon ?"

IDE : "Ah c'est le médecin qui vous l'a prescrit vu que vous allez rester alité pendant un moment!"

Mr X : "Ah bon..."

Ké anticoagulant ? Ké Bidulechouette ? Ké phlébite ? Ok, l'IDE a bien exposé les faits, mais a-t-elle répondu aux questions du monsieur ? Cherchez l'erreur....

 J'attends donc vos avis sur la photo. Allez, lâchez-vous, même pas peur !

*faire ses médocs= préparer les piluliers des patients pour le lendemain


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Mercredi 25 juin 2008

Hum...quoi dire sur les médecins ? Ils sont gentils, ce sont nos amis. Dans notre service, nous trouvons des chirurgiens orthopédistes évidemment mais aussi des esthéticiens, des anesthésistes, des cardiologues, pneumologues, gériatres, angiologues...eh oui, tout ça en ortho. Mais, malheureusement, nous n'avons pas de réunions de staff qui nous permettraient de tous les voir une fois régulièrement et apprendre à les (re)connaître.Quoique le but premier de ces réunions est de parler des patients mais bon..

 Vous vous doutez bien que je ne vais pas, ici bas, faire uniquement l'éloge de tout ce beau monde, certes très utile et éminemment compétent. Je ne remettrai en aucun cas en cause leur travail, loin de là. Je vais plutôt les envisager sur un plan humain. Vi, vi, vi, ce sont des êtres humains même si certains semblent penser le contraire.

 D'abord, il y a ceux qui se sentent dispensés de dire bonjour et attendent dignement que nous, petites fourmis de la nuit, courbions respectueusement la tête en leur présence afin de célébrer cette minute bénie où ils ont daigné franchir le seuil de la salle de soins. Puis, tout aussi humblement, nous devons deviner qui ils sont et ce qui nous vaut l'honneur de leur présence. Arrivent-ils seulement à différencier une AS d'une IDE ? Vont-ils s'abaisser à déchiffrer notre prénom et notre fonction sur notre badge ? Ou se rappeler qu'une IDE est en rose et une AS en bleu ? Bon, j'avoue que la lingerie à merder avec mes tenues, je suis une AS en rose donc souvent, au pire, on me regarde de travers et au mieux, on me prend pour une IDE. Bref ! Moi qui déteste ce genre de comportement, je suis souvent obligée de rétorquer un « Bonjour, vous êtes le Dr qui et vous faites quoi? » En général, ça déride la bête qui répond en se présentant.

 Anecdote : un soir, un médecin que je voyais pour la première fois se trouve dans la salle de soins, penché sur un dossier. Ni bonjour ni merde. Je prend mon mal en patience, car il est plutôt mignon, on ne sait jamais, et lance un bonjour bien amicale. J'ai droit à un bonjour distrait agrémenter d'un pauvre coup d'œil furtif de la part de la proie en question. Mouais.... Mon binôme IDE se trouvant également là, je lui file un coup de coude et lui demande tout bas qui est ce médecin, très charmant au demeurant. Discrète comme pas 2, elle se retourne vers le bellâtre – pardon, le médecin – et me répond tout haut « C'est le Dr Machin, anesthésiste remplaçant le Dr Bidule! » Je rétorque « Ah! Enchantée; Et en même temps si les médecins ne se présentent pas, on peut pas savoir! » avec un grand sourire, les yeux qui pétillent et tout. Et là, j'entends, dit sur le ton « viens-pas-me-faire-chier-toi » « Je me présente plus de 10 fois par jour c'est déjà bien assez ! » Alors, là, c'est la meilleure ! J'en reste scotchée. Comment une ineptie pareille peut sortir de la bouche d'un BIP pareil ??? Ben, depuis, je ne le regarde plus de la même manière, d'ailleurs aurais-je encore le reconnaître ?

Puis, il y a les distraits, ceux qui vous disent bonsoir plusieurs fois. La première fois dans la salle de soin quand ils arrivent pour leurs visites. Puis, au hasard des sonnettes, j'en recroise un dans un couloir puis dans un autre et il me redit bonsoir à chaque fois. A la 2ème fois, je le redis machinalement : c'est vrai, il ne m'a peut-être pas bien regardée la première fois. Donc, là, face à face, je lui répond. La 3ème fois, je le regarde avec un air faussement – à peine – surpris et, histoire de lui faire comprendre que cette formalité a déjà été effectuée, je lui répond « Re-bonsoir » avec un grand sourire amusé. Ben la 4ème fois, excédé mais compréhensive – le pauvre, il en voit tellement toute la journée – je répond « Au revoir ». On ne sait jamais, peut-être que c'était le sens de son bonsoir ;-)

Enfin, il y a les lunatiques, imbus de leur personne et omnipotent. Ceux-là, c'est les pires; on ne sait jamais sur quel pied danser avec eux. Un jour ils aboient, un autre ils roucoulent. Sous prétexte qu'ils sont actionnaires majoritaires dans la société, on doit dérouler le tapis rouge. Ils vous donnent l'impression de n'être rien à leurs yeux et le «Bonjour, s'il vous plaît, merci » est en option avec eux. Normal, c'est trop long à dire et ils ont tellement à faire....Mouais.

Pour finir, il y a les gentils. Ceux qui nous appellent par nos prénoms, qui se présentent (hum...il y a des gentils qui ne savent pas encore faire ça) qui disent s'il vous plaît, qui nous offre une cafetière Senseo, des fleurs, des chocolats et qui osent blaguer avec nous, simples communs des mortels.

Comme quoi, comme partout, il faut de tout pour faire un monde !

Petite dédicace du jour : Chers Médecins, même si pour certains d'entre vous nous ne sommes qu'une quantité négligeable, pensez que nous, AS, sommes un maillon important dans la chaine de prise en charge d'un patient. Nous voyons vos patients sous un angle différent du votre et bien plus souvent et intimement que vous. Ecoutez-nous quand nous vous en parlons et prenez en considérations nos observations et nos questionnements. Un patient n'est pas qu'un dos ou une jambe, il y a un être humain autour. Lorsqu'on vous dit que tel patient est ingérable la nuit, pitié, faites ce qu'il faut, cela nous évitera de vous déranger en pleine nuit pour un appel au secours. Ce n'est pas qu'on veuille qu'il reste tranquille afin que nous puissions dormir, c'est tout simplement parce qu'il y une cinquantaine d'autres patients à surveiller et surtout que nous aimerions éviter que ledit patient se fasse trucider par son voisin qui n'en pleut plus et qui est en train de craquer. Quand vous êtes de garde, ben, soyez de garde et ne nous renvoyez pas vers le médecin du patient qui lui n'est pas de garde. Allez, soyez cool, on est tous là pour le bien-être des patients et pour bien vous défendre face à leurs récriminations, ben, faut qu'on soit crédible donc aidez-nous à l'être, aimez-nous ;-)

Et vous, ça se passe bien avec les vôtres ? Si vous me dites « Très bien avec tous », alors je risque d'être jalouse....mais pas fâchée ;-)))! Alors à bientôt !

 

 

 

 


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Jeudi 26 juin 2008

Je ne sais pas comment c'est chez vous mais chez nous, entre les équipes de jour et celles de nuit ce n'est pas toujours l'amour fou. Allez savoir pourquoi ! C'est en tout cas une des nombreuses choses qui m'ont frappée à mon arrivée dans ce service.

Tout d'abord, une chose est récurrente : la nuit on ne fout rien. Ben voyons ! Une fois ce dictat posé, nos chers collègues de jour n'hésitent pas à nous laisser plein de boulot, histoire de nous occuper un peu. C'est trop gentil de leur part ! Comment ça se matérialise ?

Petit topo donc : 

  • Soin décalé pour que l'on en ait un maximum à réaliser la nuit et un minimum le jour

  • Patients non récupérés aux urgences (ils nous attendent bien gentiment)

  • Couchettes accompagnant non distribuées (transmission non faite donc surprise pour nous quand le patient réclame son dû)

  • sacs de linge et poubelles non vidés

  • poches pipi non vidées

  • CPD non remplies (prévue pour sonner à 19h15 tapante parce qu'elle est vide et eux, partis)

  • transmissions non faites correctement donc surprise en rentrant dans certaines chambres (patient annoncé perfusé mais que nenni, annoncé sondé re-que nenni)

  • antalgique ou autre, promis au patient qui attend toujours

  • etc...


Donc, quand les sonnettes retentissent, ce sont souvent des patients en attente et il n'est pas rare que l'on se fasse mal accueillir à cause de « promesses » non tenues par nos collègues ou tout simplement parce qu'on leur a dit que l'équipe de nuit s'en chargerait et qu'il est 19h16, mais où est donc l'équipe de nuit, zut !?....... C'est d'un pénible !!!!


Il faut en parler, me direz-vous. Ben, c'est bien ce qu'on fait. Malheureusement, certaines personnes sont farouchement opposées au changement et pire que tout, à la remise en question. Et dire que la moyenne d'âge se situe aux alentours des 25 ans et que les plus « vieux » diplômés le sont depuis moins de 3 ans. Eh bé mazette, qu'est-ce que ça va être dans 10 ans !!! Ils ne se sont pas vraiment sentis concernés lorsque les sujets ont été évoqués durant une réunion de service. C'est dommage. Alors, à chaque fois qu'un problème se pose, on en fait la remarque. Peut-être qu'à force de nous entendre rabâcher ils feront ce qu'il faut ;-)


Ils ne sont pas tous condamnables, heureusement – ce n'est quand même pas tous les jours la catastrophe – et nous ne sommes pas irréprochables, loin de là !!! Il nous arrive d'oublier des choses quand la nuit a été chaude et que l'on n'a pas pu se poser mais on le signale d'entrée de jeu et on s'excuse. En échange, on ne leur dit rien au prochain couac. Ce qu'on nous a reproché de plus grave ? Non, non, pas d'avoir laissé souffrir un patient. Pire que ça : de ne pas tirer les chasses d'eau le matin en vidant les poches – ça c'est pour Chouchou mais depuis il ne le fait plus – d'avoir oublié de descendre les bons de radio – on est vraiment trop nuls ! - et d'avoir oublié de faire la bascule du téléphone (du portable au fixe) avant de partir – aïe! A part ça ? Euh... je ne vois pas, à moins qu'ils n'aient pas le courage de nous le dire. Nous sommes ouverts pourtant. Ah non, pardon, il paraît qu'on a un dragon avec nous à qui il ne faut rien dire. Ah bon ?


Paradoxalement, à côté de ça, on s'entend bien. Les transmissions se passent dans la bonne humeur et on blague bien ensemble. Cependant, quand j'ai quelque chose à dire je le dis si ça vaut la peine. Sinon, je me tais et je fais avec, ou sans, c'est selon.


Chouchou, mon collègue AS pour ceux qui débarquent, dit que j'aime bien quand les choses se passent comme je veux. Si c'est pour le bien des patients alors je dis oui. Disons que j'aime bien que les choses soient faites au moment où elles doivent l'être et que si on ne peut pas, ben, on assume et on le dit. Ca s'appelle la continuité des soins. On ne laisse pas un service pourri aux collègues sans les avertir et on se rattrape la fois d'après.


Je ne suis pas payée à ne rien faire, sauf quand il n'y a rien à faire et le matin j'aime bien me regarder dans une glace sans avoir honte d'avoir mal fait mon boulot (j'ai déjà assez de mal à m'endormir quand je me rend compte que j'ai oublié de dire quelque chose aux trans). Je ne suis pas parfaite mais je tend à m'améliorer – la perfection est une utopie créée pour concrétiser l'utopie – de plus, j'apprends de mes erreurs mais aussi de celles des autres. Or, j'ai du mal à accepter que ce ne soit pas pareil pour tout le monde. Mais je me soigne. Je suis prête à recevoir un bon coup de pied au derrière si je le mérite - « coup de pied au derrière » étant imagé, cela va sans dire.


Durant ma formation, quand on disait aux monitrices qu'il nous serait difficile de tenir le cap, une fois en poste, sans s'offusquer toutes les 5mn lorsque l'on verrait une collègue ne pas faire comme on nous a appris, elles nous répétaient sans cesse « Gardez vos valeurs ». Ellesen avait raison mais ce n'est pas évident alors je rajouterai « Ne faites pas à autrui ce que vous n'aimeriez pas qu'on vous fasse » C'est plus facile à appliquer. C'est une des raisons pour lesquelles je n'ai pas souhaité un poste de jour. Faire une toilette à moitié ou au tiers parce qu'on n'a pas le temps me paraît inhumain. Faire manger un patient à toute vitesse parce qu'il y en a 3 autres qui attendent derrière, je peux pas. La nuit, en général, je peux prendre mon temps pour le nursing, pour discuter avec les patients, répondre à leur questions, sans avoir le brouhaha de la journée dans les oreilles ni le regard fixé sur ma montre.


Mon idéal serait une équipe soignante, jour ET nuit, ensemble, soudée, mature, compétente, consciencieuse et efficace – l'ordre des qualités importe peu – qui n'a de cesse de se remettre en question afin d'assurer une qualité de soins dignes de ce nom. C'est trop demander ? Ok, bon, d'accord mais je ne baisse pas les bras pour autant.


C'est un monde à part la nuit, je vous l'accorde. Oui, on bosse la nuit, différemment certes, mais on bosse. Au lieu d'avoir 15 patients à deux, on en a 30 mais avec en plus toutes les frustrations de la journée et les angoisses non exprimées qui remontent dans le noir. Un patient à lui seul peut vous plomber, pardon, vous occuper toute une nuit. Mais ça, c'est une autre histoire....


Et pour vous, comment ça se passe ? Si vous avez des trucs et astuces pour que ça se passe mieux chez nous, je suis toute ouïe. Alors, à vos claviers !


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Jeudi 10 juillet 2008
Je ne parlerais pas de :

- Ingrid Bétancourt, qui promet de ce couper les cheveux si les Farcs libèrent tous les otages

- Ségolène Royal, dont l'appartement aurait été mis à sac par Sarkozy

- des soldes, qui n'en sont pas dans certains endroits

- des régimes, qu'on doit faire après s'être soit-disant baffrer tout l'hiver

- des grèves qui nous pendent au nez à la rentrée parce que Sarko a dit que tout le monde s'en foutait

- de la sortie de l'album de Mme La Pré

- de PPDA qui s'est fait lourder par TF1

- de la Chine, du Tibet et des JO

(liste non exhaustive pouvant, risquant même ! d'être complétée ultérieurement)

Parce que j'ai autre chose à faire et qu'on ne m'a pas demandé mon avis - avis que je n'ai pas, d'ailleurs. Mais si le coeur vous en dit, alors....à vos claviers !

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